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Archive for the category “Articles de presse”

Rugby. Joueurs de légende de l’US Montauban

Francis Bourgade : l’âme de 1967

Si l’US Montauban est devenu un club respecté dans le monde de l’ovalie, il le doit notamment aux « historiques » de Sapiac. Francis Bourgade fait partie des légendes du club de rugby « vert et noir ». Ce troisième ligne centre, sacré champion de France en 1967 avec l’USM, a également été entraîneur et président de Montauban. Zoom.

Bourgade 1RugbyUS Montauban : le titre de champion de France de 1967

Le rugby est la fierté des Montalbanais, près du Tescou.

Article rédigé par Sébastien VIVES – paru dans Esprit ovale –

Sébastien VIVES, journaliste sportif, est spécialisé dans les articles de rugby.

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SOL. Dossier monnaie citoyenne

« Se servir de la monnaie comme d’un bulletin de vote »

SOL

Pour booster une économie plus équitable et durable, renforcer les structures locales respectueuses de l’humain et de la nature, et impliquer les citoyens, la monnaie complémentaire SOL circule à Toulouse et à Montauban. Découverte.

Tout sur le SOL

Au printemps 2011 apparaissaient à Toulouse d’étranges coupons-billets qui ne sont pas des euros… Idem à Montauban le 8 mars 2014, sur le marché de la ville, lors de la journée internationale de la femme : une date symbolique pour l’introduction de cette monnaie complémentaire dans la cité d’Olympe-de-Gouges, la féministe révolutionnaire. En lui donnant le nom de SOL Olympe, les fondateurs de la monnaie citoyenne tarn-et-garonnaise rendent ainsi hommage à cette grande figure montalbanaise de l’Histoire française.

Trois ans après, ils sont près de 1 800 adhérents et 150 entreprises de tout secteur à toucher de près les sols Violette à Toulouse (symbole de la ville).

Mais pas p’tite dame, qu’es aquò ces billets et à quoi ça sert ? Andréa Caro-Gomez, une des fondatrices du SOL Violette à Toulouse, éclaire notre lanterne et nous facilite la réflexion pour agir en ces temps de crise financière, sociale et écologique. « Nous pratiquons de l’économie politique au sens noble du terme : la gestion de la cité en grec. Nous établissons un lien entre écologie et économie. »

Le pouvoir d’agir pour une économie vertueuse

Le SOL est une monnaie éthique conçue par les citoyens et pour les citoyens. L’objectif est de promouvoir une économie plus durable et locale. « Le SOL n’est pas qu’une monnaie sinon il n’y a pas de sens aux échanges », martèle Andréa Caro-Gomez, qui travaille au sein de l’association Folies à Toulouse et au Sol violette. « En la faisant circuler, nous contribuons ainsi à une transformation sociale. Nous valorisons les initiatives citoyennes. Nous renforçons les PME, les artisans : des entreprises non-délocalisables. Nous faisons grandir l’épargne solidaire, nous fléchons ainsi le circuit de la monnaie. »

Andréa avoue prendre du plaisir à animer la co-création de cette monnaie. « Nous donnons une réponse d’espoir à la crise économique et à l’industrialisation de la finance. Les citoyens gagnent en résilience. »

Cette monnaie est un levier de développement pour le commerce de proximité dans le respect des femmes, des hommes et de l’environnement, un outil de cohésion sociale, un vecteur de création d’emplois au service du bien commun. En rentrant dans le circuit, les adhérents du SOL augmentent leur pouvoir d’agir. Chaque achat, aussi minime qu’il soit, a un impact sociétal car la circulation monétaire est fondée sur le paiement d’intérêts. Un vrai acte de citoyens. Chacun apporte sa pierre à l’édifice ou fait sa part du colibri comme le présente si bien une légende amérindienne.

Reconsidérer la richesse : le ‘’buen vivir’’ social

Pour bien comprendre l’impact que peut avoir le SOL, revenons à la genèse du projet. Le SOL, abréviation du mot solidaire, est une monnaie complémentaire issue du projet initié, en 2001, par le sociologue Patrick Viveret auteur du rapport ministériel ‘’Reconsidérer la richesse’’. Une expérimentation est réalisée de 2006 à 2009 dans le cadre du programme Equal (Fonds Social européen).

Le Tarn-et-Garonnais Frédéric Bosqué participe au lancement du projet national. Rien d’étonnant de le trouver dans le comité de pilotage du SOL Violette à Toulouse – et plus tard à Montauban – aux côtés des représentants de l’association Bleue comme une orange, Folies et Toulouse Métropole. Ce groupe de travail organise une réunion publique en octobre 2009, la graine est semée : 150 militants s’unissent pour faire germer le projet. Fin 2010, le projet Sol Violette est déposé à la Mairie de Toulouse. Le film des Zoomsverts retrace l’histoire de cette aventure. En 2011, 600 solistes et 70 structures de l’ESS touchent les premiers billets. Ce nombre a triplé en trois ans. Au bout d’un an en Tarn-et-Garonne, on dénombre 21 prestataires et quelques 50 particuliers. Ces monnaies citoyennes fleurissent un peu partout dans l’Hexagone. A tel point que le projet de loi sur l’économie sociale et solidaire, voté à l’Assemblée nationale le 3 juillet 2014, reconnait les monnaies locales complémentaires, émises et gérées par les entreprises de l’ESS (article 10). Les citoyens se sont ainsi servis de la monnaie comme un bulletin de vote. « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde », disait Gandhi.

Dossier réalisé par Sébastien VIVES

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SOL mode d’emploi                                                                           Contacts

Article en téléchargement paru sur le site web L’ESSentiel

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RSE : l’économie plus responsable

La RSE, levier de la transition écologique?

RSE

Que permet la Responsabilité sociale des entreprises ? Pourquoi est-elle utile pour le développement durable ? Quels sont les objectifs qu’elle porte ? Longtemps fermé à ces questions par manque d’intérêts (économique, politique) le monde de l’entreprise en a pris le virage. Des nouveaux outils sont utilisés pour une meilleure efficience. Découverte…

RSE. Meilleure considération = meilleure production

Depuis plusieurs décennies, le monde subit, de plein fouet, une crise sociétale structurelle. Une crise à la fois économique, sociale et environnementale. Ces trois domaines (économie, social, environnement) sont les piliers du développement durable, concept tiré du rapport Brundtland et validé par la commission mondiale sur l’environnement et le développement en 1987. Certains Etats ont été les premiers à s’engager sur des mesures environnementales en 1992 au 3e Sommet de la terre de Rio (Brésil).

Après un réchauffement de quelques degrés de plus sur la planète bleue est sorti du chapeau le concept de la RSE (Responsabilité sociale des entreprises). Si les motivations des dirigeant-e-s appliquant ces méthodes sont bien différentes (respect de l’environnement, opportunité économique, valorisation de l’image de marque), les résultats peuvent en tout cas apporter une pierre à l’édifice à la protection de Dame nature.

La RSE prend en compte la partie sociale. La souffrance au travail est de plus en plus présente et oppressante dans le monde moderne en raison de la pression du résultat, de la polyvalence toujours plus forte, de la rentabilité exercée par les responsables de services. Ces derniers subissent également le poids de leur hiérarchie. La course folle à la croissance sans fin augmente le mal être au travail. A son échelle, la RSE peut intervenir en particulier dans les domaines des ressources humaines, dans le cœur du métier (télétravail, visio-conférence), le temps de travail…

Au niveau des ressources humaines (RH), la question du recrutement est un enjeu stratégique pour l’entreprise. Le turnover, la baisse de motivation des salarié-e-s due à la valorisation salariale, la répétition des tâches et leur manque d’implication impactent le développement de la structure. Les employé-e-s, pris en considération, sont plus performants dans leur activité. Les instances représentatives du personnel (CE et CHSCT) ne doivent plus être des simples chambres d’enregistrement des décisions de la direction mais des lieux de collaboration. Ils doivent être étendus à la responsabilité sociale et environnementale de cette société, de ses filiales, de ses sous-traitants directs et indirects.

Replacer la valeur humaine au cœur de la décision RH enclenche un cercle vertueux. Dans le même registre, le développement du télétravail, de la visio-conférence et du covoiturage favorisent le bien-être au travail des salarié-e-s et des cadres. Le « buen vivir » comme on le dit si joliment en Amérique-du-Sud. Le personnel peut ainsi se dégager du temps pour soi, pour sa famille, ses amis, ses loisirs, tout en offrant des économies substantielles à sa société (déplacements, réductions du coût énergétique, des consommables…). Ces aménagements, ainsi que l’application de réglementations environnementales, sont de vraies opportunités : les différentes normes dans le domaine ne doivent pas être considérées comme des contraintes mais des leviers de performance. Elles ouvrent de nouvelles perspectives, voire de nouveaux marchés quelquefois.

RSE : des produits plus durables et équitables

La singularité des activités d’une structure est un atout indéniable face à la concurrence toujours plus rude. En s’orientant vers des produits de qualité, le dirigeant peut obtenir l’aval et l’implication de ses employé-e-s. Ces derniers seront plus enclins à confectionner des produits plus durables, plus éthiques, plus sains. Ils ne mettront plus leur santé en jeu et retrouveront l’amour du travail bien fait. Le commerce équitable contribue à faire évoluer la consommation dans un sens qualitatif et un sens éthique. Le commerce équitable a amélioré de 10 à 25% par an le niveau de vie de près de 5 millions de personnes. Ce n’est pas rien.

De fil en aiguille, leur société gagnera des parts de marché supplémentaires. Si le(a) Directeur-rice a mis en place un système de rémunération basé sur les primes d’intéressement et des dispositifs d’épargne salariale, la satisfaction sera collective. En cas de création ou de reprise de l’entreprise en SCOP (société coopérative ouvrière participative), les dividendes seront partagés. Les décisions aussi. Elles peuvent l’être aussi dans des entreprises classiques. C’est une nouvelle forme de management.

Vers un travail plus collaboratif…

Le travail collaboratif n’est pas qu’une simple stratégie de marketing. Il permet d’associer les compétences, les talents au service du collectif. Les décisions collégiales sont prises au consensus, après de longues réunions participatives et de vrais débats de fond. L’information et la décision ne sont plus descendantes mais horizontales, transversales. Ces outils peuvent être appliqués en interne mais également en externe en partenariat avec les fournisseurs, les clients ou les prestataires. Le groupe de travail s’engage sur le développement durable en termes d’objectifs et de moyens à mettre en place pour y parvenir. Un suivi régulier de l’avancement du projet ouvrira la porte de la réussite. Ces travaux devront faire l’objet d’une retranscription écrite et orale à l’ensemble du personnel de l’entreprise. La sensibilisation des équipes aux ateliers coopératifs pourrait permettre un changement des pratiques commerciales. La transition écologique est en marche ? Chiche.

Sébastien VIVES

Article sur la RSE vendu au site Rédacteur le 29.10.2014

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Tourisme : Saint-Antonin-Noble-Val

Brousses : l’écrin inspirant pour les artistes

Stagiaires 2 de Claude Nicaud tourismeEn empruntant ces routes sinueuses et en prenant de la hauteur avec vu sur les falaises, vous aurez une impression de déjà-vu : vous vous croirez sur les routes de la montagne corse et des aiguilles de Bavella (Corse du Sud). Le panorama est extraordinaire. Niché dans un écrin vert, au milieu du causse aride, Brousses inspire pléthore d’artistes dont Claude Nicaud. Tourisme oblige.

Tourisme dans les Brousses…

Ce peintre expose ses œuvres route de la Corniche, sur la D115 bis, dans un atelier qui jouxte sa somptueuse maison qu’il a fait construire pierre par pierre il y a vingt ans. Celle-ci évoque « le paradis » selon les touristes qui viennent échanger avec Claude. Sa galerie vitrine située au 1 rue de la Pelisserie à Saint-Antonin est ouverte toute l’année. Vous y trouverez des tableaux, des affiches, des toiles, peints à l’huile, à la gouache, au pastel, à l’aquarelle ou à la gravure. « Je peins la mer, le ciel, les causses, les hommes, avec une vision réaliste mais qui doit rester à la frontière d’une vision formelle, dépouillée de tout artifice, exprimant le mieux la chaleur, la lumière et le monde du rêve. » Très reconnu dans le secteur mais aussi partout de France et de Navarre et bien plus loin encore, Claude Nicaud estime important de peindre la région « pour la faire connaître et la faire vivre » prenant exemple sur la montagne Sainte-Victoire en Provence qui est « réputée grâce à l’œuvre de Paul Cézanne ». Et de poursuivre son argumentation : « L’aspect philosophique, écologiste et presque politique a aussi de la valeur. Toute forme artistique est un acte militant. »

Claude Nicaud dans son atelier tourismeLe tourisme et le culturel associé à Brousses…

Lui, parisien de naissance, a offert son cœur à Saint-Antonin en 1973. Cet amoureux inconditionnel de Dame nature ne pouvait que trouver ici les éléments nécessaires à son épanouissement : « les gorges, les coteaux avec les vignes, les causses avec leurs arbres rabougris, le paysage de pierraille et les vergers dans la région de Moissac permettent une simplification du sujet. Ce paysage est inspirant. » Claude Nicaud aborde aussi les pigeonniers mais de façon « très picturale » et non trop réaliste. Il représente également les autres villages magnifiques autour de Saint-Antonin comme Bruniquel et Penne.
Dès l’âge de 12-13 ans, il a troqué ses cahiers et ses stylos contre des pinceaux pour illuminer « Montmartre » les mercredis après-midi car c’était déjà pour lui un « moyen d’exister » et de montrer sa grande sensibilité. « Pour autant, il est difficile d’avoir des certitudes sur sa personnalité. Car dans la vie, il faut avoir le doute. Comme le dit Pierre Rabhi : même lorsqu’on réunit des philosophes, ils ne s’entendent pas entre eux !!! » Cette personnalité attachante propose des initiations tout l’été avec Sylvie Cosnier, sa compagne, qui a également une galerie (l’Esquisse), 9 rue de la Pelisserie à Saint-Antonin. « J’ai la chance de vivre de la peinture, mais elle n’est pas faite que pour moi. Elle est aussi pour tous les gens qui ont besoin de ça pour se faire du bien », philosophe celui qui se compare à Léo Ferré pour son côté anarchiste. « Les stagiaires me disent que je leur apprends à regarder le paysage avoisinant. »

Article rédigé par Sébastien VIVES

Paru au printemps 2015 dans le HS du magazine Esprit Quercy (tourisme): il est incorporé dans un grand reportage sur le tourisme à Saint-Antonin-Noble-Val.

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Domenech Amédée. Rugby Sapiac

Amédée Domenech :

« Je ne suis pas un héros »

Amédée Domenech

Le 3e ligne de l’USM garde les pieds sur terre

« Je ne suis pas un héros/Faut pas croire ce que disent les journaux /Je ne suis pas un    héros/Un héros… » Ce refrain de la chanson de Daniel Balavoine résume bien l’état d’esprit qu’anime Amédée Domenech, le troisième ligne centre de l’US Montauban. Malgré une régularité insolente dans la performance et les micros des journalistes qui se tendent tous vers lui les soirs de victoires, le métronome sapiacain pense au collectif. Il a forgé cet altruisme dans l’histoire de sa vie. Il a dû porter comme un fardeau l’héritage doré de son grand-père, Amédée-Domenech, international français à 52 reprises, dont le stade de Brive porte son nom. « Je m’étais mis en tête qu’il fallait absolument lui ressembler », avoue cet attachant bonhomme de trente ans, auteur d’une pénalité extraordinaire de 50 mètres face à Perpignan cette saison. « A trop vouloir lui ressembler, je me suis égaré. J’ai un peu perdu les valeurs humaines. J’avais oublié la famille. Je ne pensais qu’à moi. Cette mauvaise passe m’a permis d’évoluer. Aujourd’hui, je fais plus attention aux autres qu’à ma personne. » Malgré ce nom prestigieux dans le monde de l’ovalie, le début de carrière d’Amédée Domenech n’a pas été un long fleuve tranquille. Après avoir touché le cuir au sein de toutes les équipes de l’école de rugby de Brive et y signer son premier contrat professionnel, ce talonneur, reconverti depuis à un autre poste, doit mettre le ballon ovale entre parenthèses. « J’ai eu la malchance d’avoir été mal dirigé », peste le Montalbanais, un brin philosophe.  « Cette année-là a été salvatrice car j’ai compris que le rugby n’était pas mon premier centre d’intérêts. » Amédée s’ouvre et apprend l’humilité au sein d’un petit club de fédérale 1. « J’ai retrouvé l’envie de me faire plaisir et les valeurs du rugby de clocher. »

Une famille en or

Ses chaussures désormais bien ancrés dans le sol, Amédée Domenech rejoint son frère Florent à Montauban après que ce dernier ait donné son CV aux dirigeants. Un autre de ses frères est aussi pensionnaire du centre de formation de l’USM. « J’ai été accueilli comme si j’étais un enfant de Sapiac », dit-il fièrement avec les yeux qui pétillent. « Je suis fier de porter ce maillot. Nous évoluons dans une équipe soudée et devant un sacré public : un véritable poumon vert ! »

Depuis cinq ans, la Cuvette de Sapiac se délecte des courses de ce perforateur de défense qui approche des 100 titularisations en « vert et noir » (95 dont 7 cette saison en 8 rencontres). Il devrait de nouveau être un des fers de lance de la formation tarn-et-garonnaise, invaincue en 2014 dans son antre, ce samedi face à Narbonne. Droit dans ses bottes, Amédée Domenech reste prudent. « Nous devons oublier ce que nous avons réalisé depuis le début de saison et nous concentrer sur Narbonne qui tient la route collectivement. Ayant terminé cinquième la saison dernière, Narbonne n’a pas pu perdre son rugby. Ne nous ne fions pas aux apparences. Il faut rester humble. » Et si la simplicité était la marque des grands champions…

Article rédigé par Sébastien VIVES

L’article paru dans L’Indépendant le 30/10/2014 en téléchargement

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Histoire. Réfugiés espagnols.

Camp de Judes à Septfonds :

un souvenir à honorer

Réfugiés barraquement neuf reconstruit à l'identique comme en 1939Septfonds : ce village aux sept fontaines est chargé d’histoire. Un retour dans le passé trouble de la grande Histoire vous permettra de comprendre une partie de la Seconde guerre mondiale. Incontournable.

Histoire de la Seconde guerre mondiale

Vous pourrez visiter le camp de Judes, ainsi que les beautés du village, tous les jeudis d’été, de 9h30 à 12h30. Le départ est fixé devant la salle des fêtes. Pierre Gauthié sera votre guide. Prolixe et passionnant, il vous transportera à la fin des années 1930. Les férus d’histoire seront ravis. « Je m’intéresse à beaucoup de choses et notamment à l’histoire de Septfonds », assure cette mémoire vivante locale qui nous parle de la genèse du camp de Judes : « A la suite des lois de janvier et novembre 1938, un camp de 50 hectares a été construit pour surveiller les étrangers qui étaient considérés comme des gens dangereux pour la République française. »

50 kilomètres de clôture

Cinquante kilomètres de clôture (barbelés, miradors à guérite, 40 projecteurs) sont installés par l’armée. Trois ans après que le général Franco eut renversé par un coup d’état militaire le gouvernement républicain de Madrid, la chute de Barcelone, le 26 janvier 1939, jette sur les routes 300 000 civils et 200 000 militaires espagnols. Le général Ménard, commandant la région militaire de Toulouse, coordonne la mise en place des structures d’accueil. Afin de limiter les nombre de camps dans les Pyrénées-Orientales, il décide d’ouvrir six grands centres à la frontière espagnole afin d’accueillir 100 000 personnes dont celui de Septfonds (décision prise le 26 février 1939).

16 000 Espagnols entassés dans 395 m2

Pierre Gauthié, intarissable sur le déroulement de ces évènements, nous narre l’arrivée des réfugiés espagnols dans la ville chapelière. « Le premier convoi de 2 000 personnes (des hommes au départ) arrive le 5 mars 1939 de la gare de Borredon (Montalzat) ; gare bien choisie, loin de toute habitation pour cacher la vilénie de ces actes. Ils sont ensuite conduits à pied au camp de Judes à Septfonds distant de 7km et sous la neige. Ils viennent ainsi quotidiennement grossir les rangs des internés, des concentrés. En raison de l’inachèvement des travaux sont installés provisoirement dans le camp de La Lande avant de rejoindre leur camp d’attribution, celui de Judes, le 16 mars. 16 000 Espagnols s’entassent dans quarante-cinq baraques de planches couvertes de tôles ondulées de 395 m2 (40 mètres de long sur 7 mètres de large). »
Les réfugiés espagnols séjourneront dans ce camp durant un an jusqu’à la débâcle de mai 1940. A partir de 1970, les acteurs institutionnels et associatifs décident de faire de Septfonds un lieu de souvenir et un lieu de mémoire. Quatre secteurs sont décidés : le cimetière espagnol (situé à deux kilomètres du village où reposent 81 personnes), la stèle érigée en souvenir des Juifs déportés (square Henry Grau), l’oratoire polonais construit par les prisonniers avant leur transfert et le Mémorial du camp. Cette visite terminée, nous vous proposons de quitter cette ville chapelière et revenir dans l’autre cité du chapeau.

Plan camp de Judes histoire

Article écrit par Sébastien VIVES

Cet article est visible depuis le printemps 2015 dans le HS d’Esprit Quercy

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