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Domenech Amédée. Rugby Sapiac

Amédée Domenech :

« Je ne suis pas un héros »

Amédée Domenech

Le 3e ligne de l’USM garde les pieds sur terre

« Je ne suis pas un héros/Faut pas croire ce que disent les journaux /Je ne suis pas un    héros/Un héros… » Ce refrain de la chanson de Daniel Balavoine résume bien l’état d’esprit qu’anime Amédée Domenech, le troisième ligne centre de l’US Montauban. Malgré une régularité insolente dans la performance et les micros des journalistes qui se tendent tous vers lui les soirs de victoires, le métronome sapiacain pense au collectif. Il a forgé cet altruisme dans l’histoire de sa vie. Il a dû porter comme un fardeau l’héritage doré de son grand-père, Amédée-Domenech, international français à 52 reprises, dont le stade de Brive porte son nom. « Je m’étais mis en tête qu’il fallait absolument lui ressembler », avoue cet attachant bonhomme de trente ans, auteur d’une pénalité extraordinaire de 50 mètres face à Perpignan cette saison. « A trop vouloir lui ressembler, je me suis égaré. J’ai un peu perdu les valeurs humaines. J’avais oublié la famille. Je ne pensais qu’à moi. Cette mauvaise passe m’a permis d’évoluer. Aujourd’hui, je fais plus attention aux autres qu’à ma personne. » Malgré ce nom prestigieux dans le monde de l’ovalie, le début de carrière d’Amédée Domenech n’a pas été un long fleuve tranquille. Après avoir touché le cuir au sein de toutes les équipes de l’école de rugby de Brive et y signer son premier contrat professionnel, ce talonneur, reconverti depuis à un autre poste, doit mettre le ballon ovale entre parenthèses. « J’ai eu la malchance d’avoir été mal dirigé », peste le Montalbanais, un brin philosophe.  « Cette année-là a été salvatrice car j’ai compris que le rugby n’était pas mon premier centre d’intérêts. » Amédée s’ouvre et apprend l’humilité au sein d’un petit club de fédérale 1. « J’ai retrouvé l’envie de me faire plaisir et les valeurs du rugby de clocher. »

Une famille en or

Ses chaussures désormais bien ancrés dans le sol, Amédée Domenech rejoint son frère Florent à Montauban après que ce dernier ait donné son CV aux dirigeants. Un autre de ses frères est aussi pensionnaire du centre de formation de l’USM. « J’ai été accueilli comme si j’étais un enfant de Sapiac », dit-il fièrement avec les yeux qui pétillent. « Je suis fier de porter ce maillot. Nous évoluons dans une équipe soudée et devant un sacré public : un véritable poumon vert ! »

Depuis cinq ans, la Cuvette de Sapiac se délecte des courses de ce perforateur de défense qui approche des 100 titularisations en « vert et noir » (95 dont 7 cette saison en 8 rencontres). Il devrait de nouveau être un des fers de lance de la formation tarn-et-garonnaise, invaincue en 2014 dans son antre, ce samedi face à Narbonne. Droit dans ses bottes, Amédée Domenech reste prudent. « Nous devons oublier ce que nous avons réalisé depuis le début de saison et nous concentrer sur Narbonne qui tient la route collectivement. Ayant terminé cinquième la saison dernière, Narbonne n’a pas pu perdre son rugby. Ne nous ne fions pas aux apparences. Il faut rester humble. » Et si la simplicité était la marque des grands champions…

Article rédigé par Sébastien VIVES

L’article paru dans L’Indépendant le 30/10/2014 en téléchargement

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