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Histoire. Réfugiés espagnols.

Camp de Judes à Septfonds :

un souvenir à honorer

Réfugiés barraquement neuf reconstruit à l'identique comme en 1939Septfonds : ce village aux sept fontaines est chargé d’histoire. Un retour dans le passé trouble de la grande Histoire vous permettra de comprendre une partie de la Seconde guerre mondiale. Incontournable.

Histoire de la Seconde guerre mondiale

Vous pourrez visiter le camp de Judes, ainsi que les beautés du village, tous les jeudis d’été, de 9h30 à 12h30. Le départ est fixé devant la salle des fêtes. Pierre Gauthié sera votre guide. Prolixe et passionnant, il vous transportera à la fin des années 1930. Les férus d’histoire seront ravis. « Je m’intéresse à beaucoup de choses et notamment à l’histoire de Septfonds », assure cette mémoire vivante locale qui nous parle de la genèse du camp de Judes : « A la suite des lois de janvier et novembre 1938, un camp de 50 hectares a été construit pour surveiller les étrangers qui étaient considérés comme des gens dangereux pour la République française. »

50 kilomètres de clôture

Cinquante kilomètres de clôture (barbelés, miradors à guérite, 40 projecteurs) sont installés par l’armée. Trois ans après que le général Franco eut renversé par un coup d’état militaire le gouvernement républicain de Madrid, la chute de Barcelone, le 26 janvier 1939, jette sur les routes 300 000 civils et 200 000 militaires espagnols. Le général Ménard, commandant la région militaire de Toulouse, coordonne la mise en place des structures d’accueil. Afin de limiter les nombre de camps dans les Pyrénées-Orientales, il décide d’ouvrir six grands centres à la frontière espagnole afin d’accueillir 100 000 personnes dont celui de Septfonds (décision prise le 26 février 1939).

16 000 Espagnols entassés dans 395 m2

Pierre Gauthié, intarissable sur le déroulement de ces évènements, nous narre l’arrivée des réfugiés espagnols dans la ville chapelière. « Le premier convoi de 2 000 personnes (des hommes au départ) arrive le 5 mars 1939 de la gare de Borredon (Montalzat) ; gare bien choisie, loin de toute habitation pour cacher la vilénie de ces actes. Ils sont ensuite conduits à pied au camp de Judes à Septfonds distant de 7km et sous la neige. Ils viennent ainsi quotidiennement grossir les rangs des internés, des concentrés. En raison de l’inachèvement des travaux sont installés provisoirement dans le camp de La Lande avant de rejoindre leur camp d’attribution, celui de Judes, le 16 mars. 16 000 Espagnols s’entassent dans quarante-cinq baraques de planches couvertes de tôles ondulées de 395 m2 (40 mètres de long sur 7 mètres de large). »
Les réfugiés espagnols séjourneront dans ce camp durant un an jusqu’à la débâcle de mai 1940. A partir de 1970, les acteurs institutionnels et associatifs décident de faire de Septfonds un lieu de souvenir et un lieu de mémoire. Quatre secteurs sont décidés : le cimetière espagnol (situé à deux kilomètres du village où reposent 81 personnes), la stèle érigée en souvenir des Juifs déportés (square Henry Grau), l’oratoire polonais construit par les prisonniers avant leur transfert et le Mémorial du camp. Cette visite terminée, nous vous proposons de quitter cette ville chapelière et revenir dans l’autre cité du chapeau.

Plan camp de Judes histoire

Article écrit par Sébastien VIVES

Cet article est visible depuis le printemps 2015 dans le HS d’Esprit Quercy

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